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 Sujet du message: Re: Plaine de Herringen, à la frontière austro-kathanienne
MessagePublié: Mai 24th, 2013, 11:05 pm 
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Inscrit le: Juillet 29th, 2012, 11:07 am
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Augustina prit sans conviction aucune le mouchoir qu'on lui tendait, le verre qu'on lui proposait, et n'utilisa aucun des deux objets. La pluie battante brassait sur le carreau qu'elle tentait de percer du regard. Elle se reprit bien vite après quelques instants passés à se tenir la gorge, en jetant quelques coups d'oeil inquiets autours d'elle, à son visiteur comme aux armures disposées contre les murs.

- Sieur, j'entends fort bien vos propositions matrimoniales, mais ne suis guère disposées à y répondre favorablement pour l'heure bien que ne doute aucunement de la valeur et de la noblesse des patriciens vénitiens. L'heure est pour notre duché aux alliances strictement militaires, et la famille n'est pas disposée à promettre mariages en dehors de lignages allemands, la dissémination de nos terres étant la pire chose qui puisse advenir en ces temps incertains. La Kathanie est aux marches de l'Empire, et nous avons le devoir de préserver et rendre plus fort la principauté que Dieu nous a confié.

Elle put à peine finir sa phrase qu'une seconde quinte plus violente lui griffa la gorge. Gardant son calme du mieux qu'elle put, elle attendit quelques minutes dans le silence de la pluie battante, laissant sa voix récupérer, avant de poursuivre.

- Je suis fort aise de savoir nos rapports normalisés, et la situation clarifiée. Des affaires m'appellent,... appellent mon père le Duc auprès de l'Empereur et nos intérêts au nord de l'Italie s'effacent donc momentanément devant les opportunités que peuvent nous offrir les bienfaits du service de l'Empire. Pesaro et Urbino ne sont plus au centre de nos préoccupations pour l'heure. Nous avons ambition de ramener la discipline dans nos rangs et nos cours afin de préparer la Croisade.
Je sais bien quelle année est celle d'où nous parlons ; je regrette amèrement des temps immémoriaux où noblesse d'âme et d'épée avaient sens, et où les femmes tenaient la bonne place dans les arcanes du pouvoir, celles de la direction spirituelle et morale des royaumes en dérive. Je ne tire profit des temps présents que de l'essor d'Etats efficaces et de réseaux d'agents rompus à son service, servants mieux la cause ducale. Que suis-je sinon celle au service de deux temps opposés, l'auxiliaire priante et dévouée de la maison ducale et des peuples qu'elle guide tel le bon berger, mais perdue dans le siècle que d'aucuns obscurs fripons nous brossent comme celui d'une modernité qui me lasse le coeur.


Elle eut un regard pour la collection de masses d'armes, de marteaux et de dagues trônant au dessus des harnois rutilants.


- Si vous n'avez quelque mot à ajouter, Monsieur, nous en resterons là.

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♜♖ Johannes Pankratius Hannibal von Metternhoven ♖♜
✾ Navarque du Saint-Empire Romain Germanique ✾
♜♖ Protecteur de la Sainte Ligue des Chevaliers Kathaniques ♖♜
♖♜ Vingt-quatrième Duc Impérial de Kathanie ♜♖


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 Sujet du message: Re: Plaine de Herringen, à la frontière austro-kathanienne
MessagePublié: Mai 24th, 2013, 11:21 pm 
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Inscrit le: Juin 19th, 2011, 12:21 am
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A ses mots, prononcés avec un tel renoncement, une telle résignation, presque, le Vénitien fut ému. Sans nul doute, le sacrifice que l'on avait inculqué à cette pauvre fille ne lui servirait, au final, qu'à accepter une mort triste et maladive qu'elle eut pu éviter en acceptant un peu de cette modernité que les Kathanien s'entêtaient à rejeter.

Le Vénitien se sentit impuissant. Il avait fait tant effort pour tenter de les ouvrir aux humanités. Il accepta une sorte de défaite, ce jour là.

Ilse leva sans mot dire, de la compassion, dans le regard. Il exécuta une révérence appliquée puis se retira à reculon.

Dans le vaste couloir qui le ramenait vers l'extérieur, il pressa le pas, comme pour fuir au plus vite ce lieu chargé de fantômes et dont l'inertie semblait si pesante qu'elle en était terrifiante.

Pour oublier sa peur, il s'efforça de songer à Fiorenza. Il l'avait quittée la vieille mais il lui semblait que cela faisait une éternité. Il avait tant besoin de ses yeux, de sa volupté, de son esprit, de son odeur, présentement. Elle était l'avenir. Un avenir brillant et rassurant, un avenir faste et fécond. Ces couloirs étaient son passé. Il n'avait qu'un désir : retrouver au plus vite sa galéasse et lui écrire.

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 Sujet du message: Re: Plaine de Herringen, à la frontière austro-kathanienne
MessagePublié: Juin 5th, 2013, 9:10 pm 
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Inscrit le: Juin 19th, 2011, 12:21 am
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Aux portes du palais, le Vénitien retrouva ses deux accompagnateurs, quelque peu surpris de le voir revenir si rapidement.

- Rentrons à Venise, ordonna Venanzio.

Un quart d'heure leur suffit à rejoindre leurs embarcations.

- Vous venez de rater un bon parti, mon jeune ami, lança-t-il à son fondé de pouvoir... Cependant, je crois que vous vous êtes aussi épargnés bien des tracas...

Face à l'enigmatique sentence de son Maître, le jeune fondé de pouvoir fit mine de n'avoir rien entendu. Il était, il est vrai, habitué à ce genre de frasques...

- Mettons-nous le cap sur Venise ?

- Oui. Il est grand temps de retrouver la douceur de notre Palazzo ! Ah... Pouvez-vous me faire apporter de quoi écrire ?


Quelques minutes plus tard, la flotte du Vénitien faisait mouvement vers la sérenissime. Le soleil commençait à tomber sur l'horizon et depuis la baie vitrée du chateau du navire, l'on pouvait imaginer, au loin, la dentelle des montagnes d'Italie. Vénanzio se versa un verre de prosecco et se mit à écrire.

Venanzio Arimondo a écrit:

Ma chère et douce Fiorenza,

Voici un jour que je vous ai laissée en vos domaines et vous ne m'avez pourtant pas quitté une seconde de ma vie. Que prouve cette présence sinon que vous êtes peu à peu devenue comme une moitié de mon être. Et c'est fort bien belle chose.

J'observe les choses de ce monde avec un enthousiasme naturel que vous connaissez et que vous partagez également, sans aucun doute. Aussi, mon entretien avec les dignitaires de Kathanie fut éprouvante. Ces gens sont d'une nature tellement froide et triste que j'ai du à maints reprises puiser dans le souvenir de ces quelques nuits en vostre couche, pour y survivre.
J'ai obtenu un renouvellement de l'amitié des Kathaniens envers nous mais quelques éléments de cette rencontre m'ont troublé et j'éprouve ici le besoin de vous les exposer. Vous me pardonnerez si ce n'est pas à propos et je sais que vous mettrez cela sur mon profond désir de tout partager avec vous.
Il se trouve doncques que le Duc n'était pas présent et en cela remplacé par sa fille, la princesse augustina Von Metternhoven.
N'ayez crainte cependant, son anémie et son appoint à parler des choses de la guerre repousseraient un homme n'ayant pas vu de femme depuis des années... Alors un homme qui a trouvé la plus belle âme de ce vaste monde en vostre corps délicieux, Ma Chère, n'a pu ressentir qu'une grande et coupable pitié envers cette pauvre fille que l'on dirait maintenu dans le sacrifice perpétuel par son illustre famille.
J'ai essayé, afin d'augmenter notre influence de proposer un parti Italien à la gente Dame. Ce fut cependant un échec cuisant. Je repars donc avec un esprit mi-rassuré mi-inquiet. Inquiet concernant les volontés réelles de Metternhoven sur les Balkans. Rassuré concernant leur soutien, pour mon élection au Sénat et concernant leur adhésion à nostre projet de grand axe commercial.

Cela m'amène au second point qui nous intéresse. Le Sénat. Il ne fait plus aucun doute que je pourrai entrer au Sénat de la Sérénissime République dans les prochains jours. Nous pourrons alors recouvrer vos possessions et vous serez ma belle et admirable patricienne de Venise, ma douce Fiorenza. Nous nous évertuerons alors à ouvrir nos axes commerciaux pour la prospérité de nos peuples et pour la nostre.

Je serai, si vous le voulez bien, de retour sur vos terres d'ici une quinzaine. Je brûle de vous revoir, de pouvoir de nouveau échanger avec vous, tant en sentiments, qu'en intelligence et qu'en plaisirs. Vous me manquerez chaque jour, d'ici là, et cependant croyez-bien, Ma Dame, que vous serez chaque jour auprès de moi.

Je me suis amusé à faire dessiner à nostre bon Armando, scribe et peintre de nostre bord, une petite ébauche de ce que pourrait donner nostre bannière commune. N'y voyez là qu'amusement ! Vous aurez évidemment le dernier mot quant à son choix. Cependant croyez bien que ma nature amusée et provocatrice se ferait un plaisir, afin de faire affront à Monsieur Vostre Père, que de l'exhiber dès aujourd'hui au mat de mon plus beau galion !

Avec mes pensées les plus apaisée et avec toute ma bienveillance, veuillez, Ma Douce Fiorenza, croire en mon amour. Qu'il puisse vous aider à affronter vos jours.

Bien à vous,

Venanzio Arimondo.


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 Sujet du message: Re: Plaine de Herringen, à la frontière austro-kathanienne
MessagePublié: Juin 9th, 2013, 11:16 pm 
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Inscrit le: Décembre 17th, 2012, 11:35 pm
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Près de Pesaro, le domaine de Fiorenza était en effervescence depuis la répression sanglante d'Urbino. Les réfugiés arrivaient généralement en petits groupes et s'intégraient facilement aux autres citoyens. Mais il fallait les loger comme les nourrir, et l'accroissement des cultures comme les travaux d'agrandissements urbains réquisitionnaient l'ensemble de la communauté.
En plus de gérer l'administration de sa maison forte, la comtesse visitait souvent ses gens pour s'enquérir de la progression des affaires en cours, apportant même sa contribution.

Le soleil venait à peine de se lever quand un coursier arriva aux portes du domaine. Il apportait une lettre que réceptionna Giuliano en lui échangeant, quelques pièces pour la commission.
Le secrétaire gagna ensuite la demeure endormie et frappa à la porte de la chambre de Fiorenza. Celle-ci s'éveilla en sursaut et c'est en chemise de nuit, les cheveux rassemblés en une tresse unique qu'elle lui ouvrit.


- Giuliano? demanda-t-elle la voix encore endormie.
- Une lettre, signora, dit celui-ci en lui tendant la missive. De la part de celui dont vous ne cessez de répéter le nom sans même en avoir conscience.

Un large sourire naquit sur les lèvres de la comtesse qui saisit la lettre et l'ouvrit avec grande impatience.

- Merci Giuliano. Hem... Je vous rejoins à huit heures pour tenir conseil mais en attendant, auriez-vous la bonté de me laisser seule et de préciser à chacun qu'il est inutile de venir me déranger?
- C'est comme si c'était fait, répondit le secrétaire. Oh et tant que j'y s...

Trop tard. La porte venait de se refermer. C'est donc en pestant aigrement que l'homme repartit, bien décidé à souffler quelques pages en attendant le conseil.
A présent nettement réveillée, Fiorenza se posa à son écritoire pour lire la lettre et, le cœur ardent d'enthousiasme, s'arma d'une plume et d'un encrier pour répondre.


Citer:
Mon très cher Venanzio,

Tout se déroule ici dans une rapide et étourdissante activité où je me perds pour mieux supporter votre absence. Ces journées et ces nuits passées auprès de vous ont été si belles et si fortes que rester inerte ne ferait pour moi qu'accentuer le cruel manque que je ressens à vous savoir éloigné.

Tenir ménage, administration et assurer le confort des réfugiés est dans mes devoirs mais je partage avec mes gens autant qu'avec ceux d'Urbino dont les efforts pour se reconstruire et se projeter vers une vie nouvelle me surprennent et me touchent plus que je ne l'aurait cru possible. Ils exorcisent leur chagrin et l'horreur dont ils ont été victime par le labeur magnifié par une énergie et une générosité formidable. Pour moi dont la naissance m'a "protégé" de cette condition, je réalise combien j'ai à apprendre de ces hommes et de ces femmes.

Je tiens, de ce fait, à vous donner des nouvelles de Valerio. Depuis son arrivée, il a beaucoup progressé et parvient désormais à prendre la parole sans qu'on le lui demande. Certes, ce sont là encore de simples salutations et remerciements, mais je crois en sa capacité à se sortir de l'horreur qu'il a vécu. Il est cependant très important de lui accorder le plus possible d'attention, particulièrement lorsque son regard redevient sombre et perdu. Et pour cela, le mieux est de lui proposer de monter l'alezan dont vous lui aviez fait cadeau. Ces instants sont pour lui une source de joie qui lui fait oublier ses malheurs de manière assurément bénéfique. Hier, il a réussi à échapper à la vigilance d'Orsina et à faire seul le tour du logis des gardes. Elle m'a appelée en catastrophe et s'est excusée à grand renfort de cris que j'ai rapidement apaisés en voyant le garçon revenir, escorté d'un vétéran. Cette farce a, je crois, beaucoup plu à Valerio qui, depuis, tient à prendre tout particulièrement soin de son cheval.
Il me parle aussi beaucoup de vous. Se souvenir est pour lui difficile mais il vous est infiniment reconnaissant de l’avoir sauvé.

Augustina Von Metternhoven, dites-vous ? Eh bien, si cette pauvre enfant vit dans la plus noire chasteté et la soumission à sa stricte famille, je ne peux que l’encourager à s’en défaire. Mais cela en reviendrait à s’opposer à son père qui est un homme d’envergure, comme l’est également le mien. Cependant, il va de soi que l’un des deux ducs à de plus grandes valeurs que l’autre, et je penche naturellement vers l’impérial, quoique j’espère encore guérir celui de mon sang.
J’ai grand hâte de prendre la mer pour mettre le cap sur la Sérénissime à vos côtés. Ce fier briscard de Mario Barat rêve de lever à nouveau les voiles du "Lupo di mare". Je crois que lui aussi sera ravi de revoir le palais des Doges, le temps de s’accorder un plaisir avant de reprendre ses obligations maritime. Il a à Venise, dit-il, une dizaine de maîtresses. Mais à ce sujet, je le soupçonne d’avoir un peu forcé sur la grappa.

Si vous devez être élu sénateur dans les prochains jours, je vous accompagnerai en pensées à défaut de faire pencher la balance en votre faveur. Mais j’ai foi en vous, vous votre charme et l’élégance de votre rhétorique, vous allez recueillir l’ensemble des voies !

Une quinzaine de jour avant de vous revoir, Dieu que c’est long ! Alors nos retrouvailles n’en seront que plus ardentes, et comptez sur moi pour vous réserver un accueil que vous ne serez pas prêt d’oublier.
En attendant, votre Armando a du talent, c’est certain. Laissez donc flotter nos armes nouvelles en haut de votre mât. Mon père a fait tant de mal au peuple que je soigne que le rendre d’autant plus furieux est pour moi un bonheur semblable à celui de notre avenir que je vois radieux.
De plus, je suis éminemment persuadée que l’aigle et le chêne réunis seront entièrement du goût esthétique de ce cher nonce De Tormes lorsque nous l’accueillerons ensemble.

Prenez soin de vous,

Je vous embrasse,
Fiorenza

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