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 Sujet du message: Les vignes de la colère
MessagePublié: Janvier 10th, 2013, 10:21 pm 
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Inscrit le: Décembre 31st, 2012, 2:32 pm
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L'hiver semblait déjà finir dans les maquis sauvages de la Croatie. Les cigales ne chantaient toujours pas, mais le temps était doux.
Les paysans, déjà, ressortaient les charrues. Ils s'étaient reposés, presque deux mois durant, à l'époque des neiges. Ils avaient protégé leurs vignes de la grêle avec des branchages pour presque seul traitement d'hiver. Mais quel crime n'avait-ils pas commis ?!
"Des branches de châtaigniers ?" Leur avait-on crié. "Si fait monseigneur, où est le problème ?" avait été la seule réponse qu'ils purent malheureusement donner. "Vous saccagez ainsi la châtaigneraie où le seigneur Vitale se plaisait à chasser !" Ô oui, monseigneur, quelle impudence. Nous qui croyions en sauvage que nos pratiques séculaires se justifiaient sans chercher de réponse dans les loisirs des pans vénitiens.
Les deux qui étaient allés couper le bois pour le village furent accusés de braconnage contre des sangliers, et condamnés à verser l'étendue de leurs biens au seigneur Vitale en dédommagement pour ces bêtes qu'il n'aurait le plaisir de chasser lui-même. L'amende parut sans doute clémente à notre seigneur, mais pour deux hommes comme Domaslav et Igor dont les biens se limitent à une cabane et une hache rouillée, les 10 écus or étaient une somme colossale.
Domaslav essaya de travailler au-delà de toute raison ; après des nuits blanches à couper du bois pour tenter de rassembler la somme, il contracta un mal terrible. Le temps pour nous de déceler une fluxion de poitrine, le brave bûcheron avait déjà rendu l'âme. Igor, pour sa part, n'avait qu'un souvenir trop vivace du pauvre Boris, lui aussi victime de la cruauté du noble vénitien. Il chercha donc à quitter le pays coûte que coûte. Il partit vers le sud, vers la Dalmatie, avec sa femme et ses deux fils. Des gardes les trouvèrent en chemin et tentèrent de l'arrêter ; lui et son plus vieux fils se battirent comme ils purent contre les soldats.
Deux pauvres hères ne peuvent cependant pas grand chose contre des armures et des épées d'acier. Son fils mourut pour permettre à sa mère et à son jeune frère de poursuivre leur route sains et saufs. On dit cependant qu'il ne fut que gravement estropié à la jambe, et qu'il fallut trois jours de fièvres et d'agonie avant que St-Pierre ne lui accorde enfin la paix. Igor, outre la perte de son fils, fut torturé pour avouer ses péchés, son braconnage et sa fuite. Après toute cette mascarade, notre seigneur et son maître vénitien le firent pendre sur la place du village. Les corbeaux n'ont pas encore fini de dépecer son cadavre puant à l'heure où j'écris ces quelques lignes.


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 Sujet du message: Re: Les vignes de la colère
MessagePublié: Janvier 16th, 2013, 1:16 am 
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Des villageois dont moi-même n'avons pu supporter l'affront. Nous avons décroché Igor malgré l'interdiction, afin de lui accorder une sépulture décente.
Pour venger sa mort, plusieurs sont aller dans les bois du seigneur Vitale afin de braconner réellement. Pas moins de six sangliers, de belle taille par ailleurs, furent ramenés par les chasseurs. Non loin de la tombe d'Igor le bûcheron, l'ensemble du village festoya. Nous, croates et slovènes, maudissions nos maîtres cruels et appelions de nos vœux la fin de la vassalité de nos peuples. Quelqu'un nous dénonça et la garde fit irruption au village dès le lendemain.
Alors que ces chacals italiens se moquaient de nous dans leur langue, croyant que nous n'étions pas assez éduqués pour la comprendre, l'un des chefs de la milice fit rassembler quelques villageois connus pour n'avoir pas pas accepté le sort de Boris. J'en fus.
Il nous menaça de bien des mots, y compris l'excommunication, et nous jura que nous aurions fort à faire avec la justice si nous recommencions des provocations verbales comme la veille.

Une fois la garde partie, nous nous retournâmes vers le curé. Pour beaucoup, c'était lui le judas qui soutenait au sein même de notre communauté meurtrie le joug vénitien. Dans un mouvement de sagesse, les femme nous interdirent de le pendre. Il fut enfermé à l'église et surveillé.
Le surlendemain, la garde arriva massivement. Notre maître avait été prévenu et souhaitait faire un exemple. Il nous accusa des pires vilénies et expliqua qu'il avait "obligation" de rendre justice au seigneur Vitale pour le préjudice constitué par notre braconnage. De plus, il affirma que notre comportement vis à vis du curé justifierait presque l'excommunication du village.
Cette canaille alla même jusqu'à prétendre qu'il n'en réfèrerait pas au pape, par bonté d'âme de sa part.

Puis vint l'heure du jugement. En tant qu'ancien membre du conseil de la maison communale exclu pour mes rapports tendus avec le seigneur vénitien, et parce que personne ne se résolut à dénoncer les braconniers, je fus désigné coupable. Moi, Matija Gubec, devrai porter le poids des soi-disantes forfaitures commises par mon village.
On m'ôta mon statut d'homme libre. Je devins un serf appartenant à notre seigneur, à peine plus qu'un esclave, et l'on m'emmena pour une nouvelle vie de servitude au manoir de notre maître.


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 Sujet du message: Re: Les vignes de la colère
MessagePublié: Février 5th, 2013, 10:01 pm 
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J'avais beau avoir perdu ma qualité d'homme libre, je continuai d'entendre gronder la foule. Les habitants de mon village prirent d'assaut l'église et déposèrent le curé.
Il fut envoyé vers le manoir du seigneur, ficelé comme un saucisson. Telle était la réponse du peuple à la provocation de leur maître.

Je servais au palais à ce moment là ; le seigneur jura ses grands dieux qu'il saurait mater la révolte des paysans. Il sortit, accompagné de ses hommes d'armes. Les villageois n'attendaient que ça. Les chasseurs, équipés d'arcs et d'épieux à sanglier, les bûcherons avec leurs haches, les fermiers avec leurs fourches.
Ce ne fut point le mur de vouges de soldat professionnels qui abattit le cheval de notre seigneur, mais une herse de piques désordonnées tenus par une foule en colère.
L'arrogance du maître avait causée sa perte et celle de ses hommes, face à une jacquerie plus de trois fois supérieure en nombre. Les villageois investirent la place et y pillèrent nourriture, armes, vaisselles, tout outil utile au quotidien. Ils vinrent aussi me chercher.

De retour au village, j'appris qu'ils décrétaient l'indépendance. Le fol esprit de cet instant de liberté absolu me prit, moi aussi. Alors qu'ils voulaient libérer les terres du seigneur Vitale de toute présence vénitienne, je les encourageai en leur prodiguant des conseils de stratégie.
Ils m'élirent. Moi, simple orphelin de père, devenu serf, je devenais le roi des paysans !

Le lendemain, nous marchions sur les terres vénitiennes. Le seigneur vitale était à la chasse dans ses bois où nous avions soi-disant braconné auparavant ; il y chassait avec quelques hommes montés. Forts de notre colère et équipés des armes et armures que nous avions prises chez notre ancien maître, nous nous jetâmes sur lui. Le vénitien fut jeté à terre et vilipendé. Alors qu'il nous hurlait de nous arrêter, lançant contre nous la menace des forces de Venise, nous lui tranchâmes la tête.

Ses terres furent libérées à leur tour. Les paysans du domaine du seigneur vitale se rallièrent à notre rébellion, derrière mon panache ensanglanté.


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 Sujet du message: Re: Les vignes de la colère
MessagePublié: Février 22nd, 2013, 5:57 pm 
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Le vent de la révolte était allé jusqu'aux côtes de Dalmatie, jusqu'à gonfler les voiles des pirates de Tremahïn Abdel Qrôh. Les nouvelles des soulèvements de paysans avait amené les défenseurs d'une Croatie indépendante à sortir du bois.
Alors qu'il se préparaient à l'arrivée imminente de forces aussi bien vénitiennes que germaniques, les paysans rebelles de Matija Gubec reçurent une missive portant encore le parfum salé des embruns...


Zdravko Vladic a écrit:
Messire Gubec,

Nous avons appris les nouvelles de votre révolte jusqu'en Dalmatie vénitienne. Sachez que nous autres dalmates soutenons du fond du cœur votre rébellion contre la tyrannie de Venise et l'impérialisme des germains. Soyez certains que nous vous enverrons toute l'aide disponible tant financière que matérielle et militaire. Nous avons découvert le mouvement d'une armée impériale venue vous mater. Nos forces sont en route pour les intercepter et les contraindre à combattre sur les côtes.
Bien que notre puissance ici bas soit essentiellement maritime, nous vous aiderons du mieux que nous le pourrons. Nos alliés grecs, macédoniens et bosniaques participeront autant que faire se peut.
Hardis compagnons, toutes les pensées de notre peuple vous accompagne, vous êtes la fierté de toute la Croatie.

Tous pour l'indépendance, ensembles nous vaincrons !
Zdravko Vladic

_________________
Les Vénitiens le traquèrent avant que son nom soit connu
Toute l'Europe le chassa sous le nom de Tremayne Crow
Les Ottomans le recueillirent sous le nom de Tremâhïn Abdel Qrôh
Seuls les vieux croates l'appellent encore Zdravko Vladic


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 Sujet du message: Re: Les vignes de la colère
MessagePublié: Mars 17th, 2013, 12:58 am 
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Inscrit le: Août 12th, 2011, 8:24 am
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Après des batailles extrêmement prometteuses qui avaient vues la coalition des germains et des vénitiens subir de terribles pertes, la force du nombre avait fini par faire plier l'armada que les rebelles croates avait rassemblé.

Pour chaque navire croate coulé, trois de la coalition de leurs envahisseurs avaient été envoyé par le fond. Lorsque Les rebelles de Matija Gubec étaient finalement tombés et que celui-ci avait été emprisonné en vue d'une exécution exemplaire, la flotte s'était mise à douter de la victoire.

Lorsque des navires toujours plus nombreux des vénitiens finirent par établir un blocus à Split, et que les arrogants vénitiens adressèrent un ultimatum à "Qrôh" pour exiger la capitulation, le peuple tut sa colère. Chaque guerrier qui s'était battu avait mérité le respect de ses ennemis, mais se faisait cracher au visage. La haine nourrie contre les envahisseurs italiens et allemands en sortie terriblement grandie, tandis que les combattants croates retournaient à la résistance passive qui avait toujours été la leur face aux grandes puissances au cours des siècles passés.

Ils haïrent en silence, pêchant, élevant des chèvres sur leur sol stérile, et se faisant passer pour de pauvres hères quand passaient devant eux les exécrés condottiere de l'ennemi. Ils cachèrent leurs richesses dans les recoins les plus inaccessibles de leurs côtes déchiquetées. Ils s'efforcèrent de reprendre leurs activités malgré la guerre, comme toujours, attendant la prochaine révolte, le prochain soulèvement.

Dans une auberge côtière, cachée dans une falaise auprès d'un village troglodyte, un homme contemplait la mer.
"Nul ne mettra jamais à genou un peuple qui n'a jamais connu que la guerre depuis qu'il vit dans cette terre désolée", songea-t-il en regardant une galéasse vénitienne qui croisait au loin.

Un autre entra, qui ressemblait à s'y méprendre au premier. Il avait le visage fermé, le regard dur de l'homme qui verserait des larmes si ses yeux ne s'étaient pas asséchés des années auparavant. Il se posta à côté de celui qui scrutait la mer.


<< Pourquoi as-tu fait ça Zdravko ? (Tchakavien)
- Devions nous abandonner nos frères de Zagreb aux épées des germains, pour préserver lâchement nos vies alors que nos courroux sont les mêmes ? (Tchakavien)
- Les empires sont trop grands, trop puissant pour que de simples paysans puissent triompher. (italien)
- Te trouvais-tu là-bas, Miroslav Vladic ? (Tchakavien)
Un silence lourd comme la mort tomba sur la scène.
Comment peux-tu te présenter comme l'un des nôtres après ce qui s'est passé Miroslav ? (allemand)
Comment "il condottiere" pourrait-il encore se prétendre dalmate après de tels évènements ? (Tchakavien)
- Jamais je n'ai participé au massacre des paysans perpétré par les barbares Kathaniens... tu aurais dû prévoir que cela arriverait. (Tchakavien)
- Que devais-je croire alors ? Aurais-je dû courber l'échine et ne plus être que l'ombre d'un homme dont on aurait arraché l'âme ? (Italien)
- La capitulation est encore possible, tout pourrait s'arrêter. Une bande de pêcheurs ne peut pas combattre Venise ! (Italien)
- Si les équipages des vénitiens étaient composés de nos pêcheurs, ils domineraient le monde au lieu de stagner sur les acquis de leur passé ! Mais tu as certes raison, on ne pourra pas vaincre sans aide. Les ottomans nous rendrons nos mers, quand nous leur aurons accordé nos terres. (Tchakavien) >>

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